Vanina Paoletti : « durer au plus haut niveau c’est savoir s’entourer»
Nouvelle sélection en équipe de France, troisième Olympiade en ligne de mire, quête des quotas olympiques… Vanina Paoletti poursuit son parcours au plus haut niveau avec une approche aujourd’hui bien différente de ses débuts.
Après Tokyo et Paris, la kayakiste française aborde cette nouvelle étape avec davantage d’expérience, de recul et une vision beaucoup plus lucide de ce qu’exige la haute performance sur la durée. Entre recherche de performance, équilibre personnel, transmission et gestion des attentes, elle revient sur ce que signifie “durer” dans le sport de haut niveau.
Une nouvelle saison et toujours la même exigence
Chaque sélection en équipe de France reste un moment particulier, même après plus de dix saisons sous le maillot tricolore.
« Chaque année, les sélections nationales sont une étape charnière. C’est toujours aussi stressant, mais aussi exaltant. »
Cette année, le contexte a encore changé avec l’évolution du système de qualification olympique. Dès les premières Coupes du Monde, les équipages devront aller chercher un maximum de points au ranking international.
« Il y a moins d’émerveillement naïf et beaucoup plus de détermination lucide. »
Avec seulement 11 quotas attribués pour quatre places en K4, la concurrence s’annonce intense. Mais pour Vanina, ce nouveau projet collectif est aussi une source de motivation.
« Construire des équipages est une science inexacte, mais le projet est extrêmement galvanisant. »
Une 3e olympiade…mais une “vraie” première
Sur le papier, Vanina attaque déjà sa troisième Olympiade. Pourtant, son ressenti est différent.
« Je vois cette préparation de Los Angeles comme ma vraie première Olympiade complète. »
Arrivée tardivement dans le collectif avant Tokyo, puis avec une Olympiade raccourcie avant Paris, cette nouvelle préparation s’inscrit cette fois dans un cycle plus long, plus structuré et plus maîtrisé.
Aujourd’hui professionnelle dans son sport, la kayakiste reconnaît avoir profondément changé son approche du quotidien.
« Je suis beaucoup plus professionnelle dans mon quotidien et dans les à-côtés, mais je me force à garder de la légèreté et à être à la recherche du plaisir au quotidien. »
Avec les années, les attentes évoluent aussi.
« Avant, faire une finale en championnat du monde me faisait rêver, maintenant, j’ai envie de plus. »
La longévité : entre discipline et équilibre
Pour Vanina, durer au plus haut niveau ne repose pas uniquement sur le talent ou la motivation.
« La discipline et la consistance priment sur la motivation, qui peut être bien plus éphémère et sinusoïdale. »
Au fil des années, elle a appris à mieux comprendre son entraînement, à identifier les moments clés et à optimiser tous les détails autour de la performance.
« J’accorde beaucoup plus d’importance à la quantification de la charge, à l’optimisation de la récupération, à tous les à-côtés des séances qu’on peut considérer comme du gain marginal. »
Mais la plus grande clé reste, selon elle, l’entourage.
« J’aurais arrêté ma carrière cent fois sans la présence de mon conjoint, de mes parents et de mes sœurs. »
Qu’il soit personnel ou professionnel, cet environnement joue un rôle essentiel dans sa stabilité et sa progression.
« Évoluer avec un staff capable de me pousser dans mes retranchements, mais aussi de m’aider à mettre le frein à main quand je vais trop loin. »
Apprendre à rebondir
Comme beaucoup d’athlètes de haut niveau, Vanina a traversé des périodes de doute.
« Réussir à rebondir après des contre-performances et tout remettre à plat pour revenir plus forte, ça demande une introspection qui n’est pas toujours facile. »
Elle reconnaît aussi fonctionner beaucoup dans l’analyse et la remise en question.
« Parfois c’est utile, parfois ça me fait perdre une énergie monstre pour peu de chose. »
Pour rebondir, elle s’appuie sur un travail mental, l’analyse et surtout le retour à l’action.
« Après avoir pleuré un bon coup, il faut se remettre en action et reprendre confiance sur des séances que je maîtrise. »
Transmettre et continuer d’apprendre
Avec l’expérience, Vanina se sent aujourd’hui davantage dans un rôle de transmission auprès des plus jeunes générations.
« Le haut niveau est avant tout une aventure humaine. »
Que ce soit lors des regroupements fédéraux ou au sein de la fondation RESPECT, elle apprécie les échanges entre athlètes, les discussions techniques et le partage d’expérience.
« C’est dans l’échange qu’on progresse, eux comme moi. »
Son conseil aux jeunes athlètes reste simple :
« Rester curieuse, poser des questions et tout tenter si c’est le rêve de leur vie. »
RESPECT, un accompagnement au quotidien
Au-delà du travail réalisé au sein du pôle France, Vanina souligne l’importance de l’accompagnement mis en place autour d’elle.
« Respect a une place importante dans mon quotidien, sur la quantification de la charge d’entraînement, l’optimisation de la nutrition et de la récupération. »
Mais elle insiste surtout sur la dimension humaine du projet.
« Faire partie de la fondation, c’est faire partie d’une équipe ambitieuse qui prend soin de nous et nous aide à tirer le meilleur de nous-mêmes. »
Avant de conclure avec l’objectif qui continue de l’animer après toutes ces années :
« Une médaille olympique. »