Lou-Ann Gaudaire : « Cette saison a été dure mentalement, mais je suis fière de ce que j’ai accompli ! »

À 20 ans, Lou-Ann Gaudaire s’est encore un peu plus révélée cette année ! En juin, lors des championnats de France Élite en bassin, elle repartait avec deux titres et une médaille de bronze. Il y a quelques jours, dans la Seine, à Paris, elle avait rendez-vous avec les meilleures nageuses européennes en eau libre… Une première année chez les seniors très bien négociée !

« Deux ans après les JO, dans la Seine, me qualifier, c’était mon objectif ! »

Inès et Lou-Ann lors d'un stage RESPECT en mai dernier

Inès et Lou-Ann lors d'un stage RESPECT en mai dernier / Photo : Capucine Collin

Les championnats d’Europe d’eau libre, ça la faisait évidemment rêver ! Pour sa première année chez les seniors, Lou-Ann n’aurait manqué pour rien au monde ce grand rendez-vous… à la maison, qui plus est :  « Je savais qu’il y aurait ma famille sur place, mes grands-parents, mes parents, mon frère. Je savais qu’il y aurait aussi les parents d’Inès (Delacroix), que je connais bien. Ils ne peuvent pas toujours venir sur de si grands rendez-vous donc là, dans la Seine, c’était cool qu’ils soient là. »

C’est fin avril que la liste de Bertrand Bompieyre, l'entraîneur en chef de l'équipe de France était alors tombée. À l’issue de trois jours de compétition à Ibiza (manche de Coupe du monde d’eau libre), Lou-Ann avait réalisé les minima pour décrocher son billet pour Paris. Son nom apparaissait alors sur la start-list du 3 km knockout, discipline sur laquelle elle avait été titrée championne d’Europe junior un an auparavant, ainsi que sur le 5 000 m.

Une excellente nouvelle, mais les jours suivants n’avaient pas été les plus simples : « Mon objectif, c’était de me qualifier aux championnats d’Europe, donc après ça, c’était un peu dur de revenir à l’entraînement. J’ai tenu parce que j’avais envie d’y aller, parce que j’avais envie de le faire. Heureusement que je suis partie en Corse avec la Fondation RESPECT, ça m’a vraiment aidée. Au final, je suis contente d’avoir terminé le 8 août et de ne pas m’être arrêtée avant (rire). »

En effet, en mai, Lou-Ann avait pu profiter des bienfaits de l’île de Beauté. À l’occasion d’un rassemblement RESPECT, elle avait rencontré une grande partie de la team. Une véritable bouffée d’air frais dans sa préparation aux championnats d’Europe : « Ce stage est arrivé à un moment où elle était “cuite” mentalement. D’être entourée d’autres athlètes, d’autres disciplines, ça lui a fait du bien. Nous avons pu faire le point sur son état mental, cela m’a permis de lui apporter des clés pour la suite. Elle a réussi à prendre du recul », explique Anaël Aubry, sport scientist de la fondation RESPECT.


Coup de tonnerre (de Brest) à Saint-Étienne

En juin, à Saint-Étienne, c’est sans pression qu’elle arrivait aux championnats de France. L’objectif ? Se jauger en bassin sur des distances courtes (400 m, 800 m, 1 500 m). Mais voilà, dans une forme exceptionnelle, c’est avec trois médailles autour du cou que la nageuse originaire de Quessoy (Côtes-d’Armor) repartait à Brest, là où elle s’entraîne avec le CNBrest.

Premier jour de compétition, Lou-Ann donnait le ton : 8’35’’08, elle s’imposait sur le 800 m nage libre. Quelques jours plus tard, elle récidivait sur le 1 500 m nage libre, mais cette fois, elle était même accompagnée : Inès Delacroix, sa partenaire d’entraînement et de club, mais également à la Fondation RESPECT, se hissait à la deuxième place ! Doublé pour le duo de Brestoises !

Enfin, Lou-Ann concluait son déplacement à Saint-Étienne en décrochant une magnifique médaille de bronze sur le 400 m nage libre ! Une semaine exceptionnelle pour la nageuse, qui avait déjà les championnats d’Europe d’eau libre en ligne de mire pour les semaines à venir.

17e place sur le 5000m, finale sur le 3km knockout

« Le 5 km s’est bien et pas très bien passé à la fois. J’ai réussi à rester au maximum dans le groupe de tête, mais il y a eu des petits moments où ça ne s’est pas hyper bien passé, surtout quand je me battais avec la Russe. J’ai un petit peu craqué dans le dernier tour, il m’en manquait un peu, j’ai mis trop d’énergie à être derrière dans le pack plutôt qu’à être aux avant-postes. » 

Sur le 3 km knockout (épreuve où les nageurs s’affrontent en plusieurs manches éliminatoires jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un seul vainqueur.), la consigne était simple : se fatiguer le moins possible tout en pouvant passer toutes les manches. Initialement, sur cette épreuve, les nageuses étaient divisées en deux séries avant d’être regroupées en demi-finale, mais sur ces championnats d’Europe, la formule avait été modifiée : la compétition avait débuté par deux séries de demi-finale, qualifiant les cinq premières de chaque série pour la finale.

Le plan de course était donc un brin modifié : « Il fallait vraiment être aux avant-postes sinon, tu ne passais pas, donc je suis vraiment dans les pieds d’Isabel Gose (ALL) et de Ginevra Taddeucci (ITA), c’était cool, j’ai vraiment bien aimé ! Sur la finale, c’était un sprint donc on donne tout ce qu’il nous reste. Je suis contente d’avoir fait une sixième place, c’est mon meilleur résultat de la saison, je suis vraiment très satisfaite de ça ! »

Inès, Steven, leur entraîneur et Lou-Ann / Photo : CN Brest

Le relais mixte : la cerise sur le gâteau

Après ces deux belles prestations, la nageuse avait fait durer le plaisir ! Sélectionnée sur le relais mixte avec l’équipe de France, elle avait pu profiter de la Seine jusqu’au dernier moment. Mais derrière l’Allemagne, l’Italie et la Hongrie, les Bleus n’avaient pu décrocher que la médaille en chocolat. Sur les pontons, Steven Deyres, leur entraîneur à Brest, était de la partie, créant de beaux souvenirs pour le trio !

Une nouvelle expérience enrichissante pour Lou-Ann, qui avait pu évoluer aux côtés de Marc-Antoine Olivier, Sacha Velly et Inès (Delacroix), sa partenaire de tous les jours : 

« Partager ça avec Inès, c’est fou parce qu’on sait l’une comme l’autre ce qu’on a vécu pendant la saison. On sait à quel point c’est dur de s’entraîner et de faire ce qu’on fait tous les jours donc pouvoir y aller avec elle, je ne pouvais pas rêver mieux ! ».

Steven, Lou-Ann et RESPECT, une recette qui fonctionne !

Lou-Ann est l’une des nouvelles recrues de la fondation. Arrivée en décembre dernier avec Inès, elle est en relation régulière avec Robin Pla et Anaël Aubry, tous deux Sport Scientists de la fondation. L’un a fait ses armes avec le groupe eau libre à son arrivée à la Fédération française de natation, le second a été conseiller scientifique de l’équipe de France d’eau libre pendant deux olympiades (Rio/Tokyo).

Équipée d’une bague Oura, Lou-Ann dispose de données précises sur son sommeil, ses états de forme, son cycle menstruel, sa récupération ou encore la variabilité de la fréquence cardiaque (HRV). Anaël et Robin récupèrent ses données, les décortiquent et les transmettent à Lou-Ann, mais également à son entraîneur, Steven Deyres :

Anaël Aubry, Sport scientist de la fondation RESPECT

Anaël Aubry, sport Scientist de la fondation RESPECT

« Nous travaillons parfaitement tous ensemble. La volonté était de responsabiliser Lou-Ann sur ces sujets et c’est chose faite : elle m’appelle dès qu’elle a un doute sur une information, elle est véritablement moteur lors de nos points réguliers. Steven est un véritable relais également. L’enjeu de la fondation est de réussir à collaborer avec les entraîneurs et cela fonctionne très bien avec Steven. Avec deux cerveaux, on loupe moins de choses »


Vacances, soleil, plage… et France Élite en petit bassin !

Après toutes ces émotions, la nageuse part en vacances avec le sentiment du devoir accompli ! Elle reprendra l’entraînement début septembre. Les Jeux de Los Angeles 2028 en ligne de mire, la nageuse reprendra très vite la route du circuit international. La fondation continuera de lui donner  un coup de pouce pour les déplacements. Potentiellement qualifiée pour une manche de Coupe du monde en grand bassin avec une sélection U21, elle fera l’impasse sur cette échéance pour reprendre la compétition lors des championnats de France Élite en petit bassin, à la fin de l’année !



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