Leo Bories : « Les Europes, cinq semaines après ma blessure ? C’était mission impossible »
Sa saison était parfaitement lancée, voici qu’un souci de santé s’est invité à la fête. Lors de la dernière manche de Coupe du monde, en Hongrie, Léo se fracture le scaphoïde, un petit os du poignet, essentiel notamment à sa stabilité, aux mouvements ainsi qu’à la transmission des forces entre l’avant-bras et la main.
« Ça a quand même été un coup dur. » Plusieurs semaines après le diagnostic, Léo est lucide. Sa fracture a mis un coup à sa fin de saison.
Engagé sur la dernière manche de Coupe du monde de pentathlon moderne à Budapest, l’athlète arrivait pourtant en bonne condition : « Je pense que c’était LA compétition où j’étais le plus en forme. C’est dommage, car je pense vraiment qu’il y avait quelque chose à aller chercher », se souvient-il. « Je pars 4e au combiné et je finis 11e. C’était dur à gérer. Le soir, nous étions jusqu’à tard aux soins avec les kinés et les docteurs. »
En rentrant à Paris, il passe des examens. Comme c’est souvent le cas quand il s’agit du scaphoïde, on lui annonce d’abord une petite fracture, puis un œdème osseux. S’ensuivent quatre semaines d’immobilisation : « Je n’ai pas trop nagé, je n’ai pas touché au parcours d’obstacles. Les Europe arrivaient cinq semaines plus tard, donc c’était mission impossible de prendre le départ : c’était vraiment dur. » Léo s’accroche donc à une idée : se remettre sur pied pour les Mondiaux, une vingtaine de jours plus tard, même si, pour certains, cela s’annonce compliqué : « On m’a dit que les championnats du monde, c’était mort pour moi cette année, mais j’avais pour objectif d’y aller, et pas seulement pour faire de la figuration, mais bien pour ramener une médaille. »
Après de longues semaines de récupération : les Mondiaux
La première journée, celle des qualifications, passe comme une lettre à la poste. Après une grosse performance en natation (il termine 6e), Léo se qualifie sans trop de mal : « Avec 26 victoires en escrime, c’était quand même solide, j’ai joué aux avant-postes. J’ai ensuite géré mon combiné, course-tir ! » Il termine alors cette journée à la 9e place.
Lors des demies, Léo est placé dans le groupe A. Il le sait : les places en finale se joueront sur les épreuves techniques : « On en a discuté avec mes coachs, ceux qui m’entourent : le plus important, c’était l’escrime, le tir et l’obstacle. » Il s’exécute : 13 victoires en escrime. Il réussit même une touche double dans les dernières secondes pour battre la tête de série n° 1, le Coréen Woongtae Jun. Il fait 12e en obstacles, 10e en natation, 13e en laser run. Il termine 6e de son groupe et se qualifie sans trop de difficulté : « Cette journée était assez bonne, mais surtout plaisante ! »
Dernière journée : la finale : « On sait que, sur cette journée, tout le monde est déjà assez emprunté physiquement. Les aspects techniques vont être assez importants. » Éliminé au premier tour en escrime, il ne parvient pas à remonter au classement malgré ses bonnes performances sur la course d’obstacles : « Après l’escrime, je sais que ma journée, je ne vais pas la jouer aux avant-postes, donc c’est assez compliqué mentalement et physiquement. Je finis donc la compétition à la 15e place. » Ce n’est pas le résultat espéré. Cela dit, pour conclure les Mondiaux sur une note positive, l’athlète repart avec le bronze en équipe.
Coup de pouce pour son poignet
Pendant cette période au ralenti, Léo a pu compter sur les précieux conseils de Pierre-Eugène Savignoni, kinésithérapeute de la fondation RESPECT : « Nous nous sommes rencontrés lors du stage en Corse que la fondation a effectué en mai. Bon feeling, nous avons eu un bel échange. » C’est sur des exercices de coordination neuro-fonctionnelle (capacité du système nerveux à organiser et synchroniser les mouvements du corps pour réaliser une action de façon précise et efficace) que le kiné lui a été d’une aide précieuse : « Je lui ai proposé des ateliers en distanciel sur corde de Brock, des exercices de coordination avec une balle de tennis, des activités de stimulation de réactivité. »
La lésion a également été suivie de près par le professionnel de santé : « Nous avons échangé sur l’évolution, les perspectives de travail et les axes de renforcement à développer. » Léo Bories ajoute : « Il m’a beaucoup conseillé, notamment sur le choix de se faire opérer ou non, sur les alternatives et sur les méthodes d’immobilisation. »
Un an pour remonter au « sommet de la forme »
Désormais, place au repos ! La fin de la saison a été intense, ces quelques semaines de coupure seront appréciées. Mais avant de couper, Léo remercie : « Le staff de RESPECT m’a énormément aidé pendant cette période délicate. J’étais en échange quotidien avec Pierre-Eugène, mais aussi avec Anaël Aubry, le sport scientist, avec Simon, le manager. » Il reprend : « Sans cette aide précieuse, je n’aurais peut-être pas été du voyage en Chine pour les championnats du monde. »
Désormais, il est concentré sur la suite. Le pentathlète le sait, la (très) grosse échéance va vite pointer le bout de son nez : « Je sais qu’il reste encore beaucoup de chemin à parcourir pour être au sommet de ma forme l’année prochaine, au moment où débuteront les qualifications olympiques. »