La diversité, une richesse qui se partage
En entreprise, 41 % des salarié·es déclarent appartenir à un groupe associé à la diversité, notamment en raison de leur âge (19 %), de leur genre (14 %) ou de leur situation familiale (10 %). Pourtant, seuls 48 % estiment que chacun·e est traité·e de manière équitable. Ces données, publiées en 2025 par l’Observatoire de l’inclusion de l’AFMD, soulignent un enjeu essentiel : reconnaître les différences ne suffit pas toujours à les faire pleinement accepter.
C’est autour de cette question que les athlètes de la Fondation RESPECT ont échangé lors de la convention annuelle de la Société Bretonne de Volaille (SBV). À l’invitation de Laurent Girard, directeur général de l’entreprise, Clara Liberman, Lucie Jarrige et Thomas Denis ont pris la parole devant 450 collaborateurs, aux côtés de Cléopâtre Darleux, illustre gardienne de l’équipe de France de handball, et de Pierre Meisel, expert en diversité et inclusion.
Au cœur des échanges : la diversité comme richesse et comme source d’apprentissage collectif.
Une conviction qui anime la Fondation RESPECT depuis ses premiers jours.
Lucie Jarrige : faire accepter un parcours différent
Comme chacun·e d’entre nous, Lucie Jarrige a ses particularités.
Sextuple championne du monde de para-escalade, elle mène depuis plus de dix ans un double projet : pratiquer son sport au plus haut niveau tout en exerçant son métier de chercheuse au CNRS. Un équilibre qu’elle a appris à construire, mais qui ne va pas toujours de soi dans son environnement professionnel : « Le plus compliqué, ce n’est pas de concilier les deux, ça, je suis habituée. C’est de subir les remarques de mes collègues qui ne comprennent pas mon double projet. C’est dommage, car ma hiérarchie me permet d’organiser mon temps pour concilier ces deux activités. C’est autour de moi que cela bloque parfois. »
Thomas Denis : « Ma rencontre avec Alexandre Lloveras a changé ma manière de pratiquer mon sport »
Reprendre du plaisir à vélo, découvrir une nouvelle manière de pratiquer son sport et se fixer de nouveaux objectifs : voilà ce que Thomas Denis a trouvé dans sa rencontre avec Alexandre Lloveras.
Il y a huit mois, alors qu’il cherchait un pilote, le paracycliste Alexandre Lloveras, médaillé aux Jeux paralympiques de Paris, a contacté Thomas. Depuis sa participation aux Jeux olympiques de 2024, ce dernier peinait à retrouver le chemin de la compétition.
Leur collaboration a rapidement porté ses fruits. Médaillé lors des Championnats du monde de paracyclisme organisés aux États-Unis cet été, le tandem illustre ce que la rencontre avec l’autre peut apporter : une nouvelle perspective, des compétences complémentaires et l’envie de construire un projet commun : « On s’apporte énormément l’un et l’autre. Lui me guide dans ce monde du para-cyclisme que je ne connais pas. Je suis son pilote, mais sur le tandem, que je découvre, il me guide ! Moi, je lui apporte mon expérience, notamment de la piste. Nous sommes complémentaires et il me motive. Quand nous roulons et que j’entends son souffle, que j’entends qu’il s’arrache pour moi, ça me pousse à en faire autant. C’est extraordinaire ! »
Au-delà des résultats sportifs, leur histoire montre que la complémentarité ne consiste pas simplement à mettre en commun des compétences : elle suppose aussi d’accepter d’apprendre de l’autre, quel que soit son parcours.
Clara Liberman : l’athlétisme, un terrain d’expression de la diversité
Spécialiste du 800 mètres et vice-championne d’Europe en salle, Clara Liberman a, quant à elle, évoqué la place accordée à la diversité dans l’athlétisme, un millieu qui rassemble de nombreuses épreuves et des athlètes aux profils variés : « L’athlétisme est l’un des seuls sports où, dans une même enceinte, un stade, on peut regarder simultanément plusieurs disciplines, des femmes, des hommes. Aussi, j’estime qu’en termes de médiatisation ou de rémunération (primes de victoire), les genres sont logés à la même enseigne. » Son intervention a permis d’aborder un autre aspect de la diversité : la visibilité des femmes et des hommes dans le sport, ainsi que la question de l’égalité de traitement.
La diversité, au cœur de la démarche de la Fondation RESPECT
Mettre en relation des athlètes qui ne partagent ni la même discipline ni le même parcours, c’est l’essence même de la Fondation RESPECT : « Aujourd’hui, elle accompagne 23 athlètes issus de 15 disciplines différentes. Cette diversité constitue une véritable richesse et fait la singularité de son approche » explique Simon Gouedard, le manager de la fondation. Il reprend : « Tous ont des parcours différents, des pratiques sportives variées, mais ils parlent un langage commun : celui du sport ».
Les athlètes eux-mêmes en parlent le mieux. Clara Liberman résume ainsi l’expérience des rassemblements organisés par la Fondation : « Lorsque l’on vient sur des stages RESPECT, avec 6 ou 7 disciplines réunies, on a l’impression de faire des mini-Jeux olympiques ! »
Des bénéfices qui se construisent dans l’échange
Si ces rencontres ne font pas encore l’objet de données permettant d’en mesurer précisément tous les effets, les retours d’expérience sont nombreux. Sur les questions de mixité et de partage des pratiques, les témoignages d’athlètes et d’entraîneurs soulignent régulièrement l’intérêt de sortir de son environnement habituel.
Anaël Aubry, sport scientist de la Fondation RESPECT, en est convaincu :
« Beaucoup de sportifs font un constat : c’est en rencontrant d’autres athlètes lors des Jeux olympiques et paralympiques ou à l’INSEP, l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance, que des situations peuvent se débloquer, que leur routine peut être enrichie ou que leur entraînement peut être amélioré. C’est dans ces situations de mixité que des questions comme la gestion des voyages ou l’anxiété avant les compétitions peuvent être abordées, alors que, d’habitude, les sportifs vivent en vase clos avec des athlètes de leur discipline. Ça porte véritablement une ouverture d’esprit. »
Partager ses expériences, confronter ses habitudes à celles des autres, découvrir de nouvelles façons de faire : la diversité ne se limite pas à la coexistence de profils différents. Elle devient une force lorsqu’elle permet à chacun·e d’apprendre, de progresser et de porter un regard nouveau sur sa propre pratique.
C’est précisément ce que la Fondation RESPECT cherche à favoriser : faire de la rencontre entre les différences un levier de progression, sur le terrain comme au-delà !